LE CARNAVAL DE LA REQUALIFICATION… INCLUSIVE… GENDERFLUID… QUEER… MeToo… – Technique mixte – JPH – 2019-1978

 

Un dessin, une gravure, une peinture, combien en ai-je commis? Parmi ces œuvres, combien ont, sans jamais rencontrer personne, pris le chemin qui, de l’étincelle plus ou moins lumineuse, les a conduit à la réalisation, puis à un séjour sur une étagère de rangement, pour enfin disparaître comme elles étaient apparues, victimes d’une ultime et brûlante étincelle.

Poussière d’idées… cendres.
Ainsi va le monde, ainsi vont nos vies…

 

En 1978, sur du papier de la marque Superbus, j’avais réalisé une suite de cinq dessins à la plume. Pour la première fois, j’y traitais quelques-unes de mes thématiques devenues récurrentes, soit un banal paysage urbain contemporain (1), la vieille-ville de Fribourg un jour de carnaval (2) et, implanté dans une campagne éclairée par la lune, un arbre aux racines dotées de mémoire (3), ainsi qu’une suite de scènes fantasques et théâtrales gravées sur un ruban déroulé à l’infini sur lequel s’agitent quelques individus surpris dans le secret de leurs vies quotidiennes (4). Quant au cinquième de ces dessins, que je qualifierai de base à mon exercice d’assemblage, j’ai peur qu’il ne soit que le fils prodigue de ma mémoire défaillante. Jusqu’à ce jour (13 novembre 2021) et depuis quarante-trois ans, il a toujours existé et, j’en suis sûr, il a fait l’objet de mes manipulations artistiques. Aujourd’hui, à l’heure de résumer le contenu de cette image… rien… je m’accroche, toujours rien… la tête vide, en quête d’une trace qu’elle aurait laissée, je bute sur une page blanche surgie du passé… je n’y comprends rien et je crains que, contrairement au personnage biblique, cette œuvre, trop parfaite pour exister, n’ait disparu à jamais… entre rêve et réalité.

J’avais imprimé ces dessins en sérigraphie, non pour en faire un tirage à commercialiser, mais dans l’optique de préparer des supports pour des peintures. Dans un premier temps, avec des racles de tailles différentes, j’avais tiré tout ou une partie de chaque sujet, puis j’avais réutilisé les diverses épreuves pour y sur-imprimer entièrement ou partiellement, un ou des éléments du même sujet ou d’un des autres sujets. J’avais ensuite utilisé les résultats de cette joyeuse cuisine picturale comme supports à peindre. En sont sortis plus d’une trentaine de tableaux de différents formats.

Malheureusement, les compositions qui furent l’aboutissement de mon travail n’ont jamais été exposées ensemble. Je crois que c’est ainsi que mon exercice de style aurait eu tout son sens. Trop tard, une partie de ces œuvres a disparu, d’autres ont trouvé preneur, j’en ai détruit quelques-unes… mais, ce n’est pas fini, l’estampe LE CARNAVAL DE LA REQUALIFICATION… INCLUSIVE… GENDERFLUID… QUEER… MeToo… que j’ai reproduite pour annoncer ma toute prochaine exposition intitulée TENTATIVE D’ÉVASION (voir l’invitation ci-dessous) et que j’ai mise en avant pour cette publication, a été produite en 2019 en recyclant une relique du carnaval dessiné à la plume en 1978. Avec cette image flambant neuve, les observateurs attentifs constateront que les folies du présent sont filles du passé…